D.O.G

Le 20 février 2020, lors de travaux de terrassement, 5 containers enfouis sous terre sont découverts dans l’archipel de Royaumouche. A l’intérieur sont entreposées de nombreuses caisses contenant des carnets de croquis, des dessins techniques, des coupures de presse, des photographies, des négatifs, des fragments de béton, de plâtre, de bois, de métal, de verre…. Au total plus de 50 000 pièces sont inventoriées.

Container 1 / Caisse 1

En 1915, deux ingénieurs américains John Hammond  et  Benjamin Miessner conçoivent Séleno, the electric dog. S’inspirant des travaux du physiologiste Jacques Loeb sur le phototropisme des papillons de nuit, ils équipent ce chien électrique de capteurs qui permettent de le faire se diriger vers des sources lumineuses. Le développement de cette technologie est prévue pour un usage militaire. Elle doit permettre aux missiles de se diriger vers les batteries anti-aériennes qui utilisent des projecteurs la nuit.

Container 1 / Caisse 2

En 1928, Henri Piraux , un ingénieur français travaillant pour la société Philips, crée Philidog, un chien motorisé pilotable en utilisant une lampe torche. La  lumière pointée sur ses yeux, équipés de cellules photoélectriques, déclenche un moteur et détermine la direction du chien.

En 1931, André Breton réalise un collage suréaliste dans lequel apparaissent Philidog et un bébé à corps humain et à tête de singe.

Container 1 / Caisse 8

En 1939, l’ingénieur américain Joseph Barnett  présente Elektro à l’exposition universelle de New-York. Cet humanoïde mesure plus de 2 mètres pour environ 120 kilos. Il peut effectuer 26 mouvements, voit grâce à des cellules photoélectriques  et peut prononcer 700 mots. Il est accompagné d’un robot chien nommé Sparko, qui aboie, s’assied et obéit à quelques ordres.

Container 1 / Caisse 27

En 1940, un chien nommé Robòt découvre la grotte ornée de Lascaux, sans lampe torche. Marcel Ravidat se promène avec des amis à Montignac en Dordogne, quand son chien entre dans un trou de 20 cm de diamètre. Quatre jours plus tard ils retournent sur place, armés de pelles pour agrandir le trou. En entrant dans la cavité, ils découvrent les peintures qui tapissent les murs de la grotte, peintes il y a plus de 17 000 ans.

Container 2 / Caisse 1

En 1950, un robot nommé D.O.G est créé dans un laboratoire de recherche franco-américain. Equipé de nombreux capteurs, il est capable de parcourir  les rues de manière autonome en longeant les murs, de jour comme de nuit.

La même année, un mois avant la publication par Alan Turing de l’article «Computing Machinery and Intelligence»  dans la revue anglaise Mind, D.O.G passe le test de Turing. Ce test consiste à mettre un humain en confrontation verbale à l’aveugle avec un ordinateur et un autre humain.

En 1956, deux chercheurs du MIT, Marvin Minsky et John McCarthy, estiment que D.O.G  a dépassé son programme initial en faisant preuve d’intelligence artificielle. Il est désormais équipé d’un système de prise de vue et d’outils lui permettant de découper de nombreux matériaux : la pierre, le béton, le ciment, le métal, le verre. D.O.G les utilise pour prélever des fragments des murs qu’il longe.

La communauté scientifique est divisée. Comment D.O.G aurait-il pu décider de s’équiper d’outils  ? Puis de découper les murs ou de les photographier ? Selon quels critères et avec quels objectifs ?

« Rien n’est établi ».  « Tout cela n’est que science fiction, les robots n’ont pas d’âme ».

Le 20 février 2020, lors de travaux de terrassement, 5 containers enfouis sous terre sont découverts dans l’île de Royaumouche. A l’intérieur sont entreposées de multiples caisses soigneusement classées et contenant des carnets de croquis, des dessins techniques, des coupures de presse, des photographies, des négatifs, des fragments de béton, de plâtre, de bois, de métal, de verre…. Au total plus de 50 000 pièces sont inventoriées.